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Interview Pilote CNRA – Igor LUCAS

Quel est ton parcours et comment est née ta passion pour l’aéronautique ?

J’ai entre 40 et 50 ans et, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été attiré par les avions et les hélicoptères. J’ai grandi à côté d’une base aérienne militaire en Belgique, même si j’étais trop petit pour en garder des souvenirs autre que ceux de mes parents. Faute de pouvoir voler en vrai, j’ai toujours eu un simulateur de vol sur mon ordinateur. Autant dire que les tout premiers n’avaient pas grand-chose d’une simulation réaliste !

Pendant longtemps, je n’ai pas cru possible de travailler dans ce secteur. Et puis, lors de mon premier décollage en instruction, j’ai décidé que l’aéro était la meilleure et la seule option pour moi. En 2020, j’ai opéré une reconversion professionnelle pour devenir rédacteur technique. Aujourd’hui, je gère un contrat d’assistance technique chez Airbus Helicopters. Preuve qu’il n’est jamais trop tard pour lier son métier à sa passion.

Pourquoi avoir choisi de continuer un projet de construction plutôt que de le construire de zéro ?

Je n’ai pas construit cet avion de mes propres mains. La construction complète viendra peut-être plus tard : c’est l’accomplissement ultime, celui qui fait peur autant qu’il fait rêver. Par manque d’expérience, et parce que l’opportunité s’est présentée de l’acheter à deux, j’ai choisi d’acquérir un projet quasiment fini.Cela permettait un aboutissement beaucoup plus rapide. J’adore bricoler et construire, mais ma véritable motivation, c’est de voler, voyager et en profiter. On n’est pas là que pour travailler, il faut aussi du fun !

Pourquoi avoir choisi le Cozy MK IV ?

Le Cozy MK IV est l’avion de voyage par excellence. C’est une machine performante, sécurisante et dotée de 4 places. C’est idéal pour organiser des sorties sympas en famille ou avec les copains et agrandir notre zone de jeu. Le seul bémol, c’est qu’avec sa configuration, on est contraint aux pistes en dur d’une certaine longueur. Mais qui sait, le prochain projet sera peut-être différent !

Quelle est ta plus belle réussite dans l’atelier ?

Je dirais les pièces de fixation des capteurs à effet Hall pour l’allumage électronique, installées en lieu et place des magnétos. J’ai refait les plans en 3D à partir d’un modèle decrit en ligne, puis nous les avons fraisées avec Jean-Laurent dans son atelier. C’est une magnifique réussite en équipe.

Le pire moment de solitude sur le chantier et comment il a été surmonté ?

L’avantage quand on fait partie d’une association du RSA (Réseau du Sport de l’Air), c’est qu’on n’est jamais vraiment seul. Quand on cale, qu’on cherche à comprendre ou qu’on se pose des questions, on en parle aux copains. Ça brainstorme, les solutions arrivent, et les liens grandissent. Tout le monde s’enrichit.

L’équilibre entre atelier, travail et vie de famille est souvent un défi. Quel est ton secret ?

C’est un sujet sensible. C’est d’ailleurs pour cela que les projets d’avions amateurs mettent du temps à se finir et passent parfois d’un constructeur à un autre. Cela demande énormément de temps disponible. Pour moi, l’avion arrive après la famille. Le projet a donc connu d’importantes phases de pause. À part quelques veinards qui ont plus de dispos de par leur statut, je pense qu’on est tous à la même enseigne. L’important est que chacun y trouve son bonheur.

Raconte-nous ton tout premier vol à bord de ton avion

Le premier vol ne commence pas au moment où l’on grimpe dans le cockpit. Le stress s’installe sournoisement des semaines à l’avance, et la nuit précédente a été difficile.

Heureusement, la rigueur de la préparation rassure. Une fois aligné sur la piste : grande respiration, dernières vérifications et on pousse les gaz, à l’affût de la moindre réaction de l’avion. J’ai eu la chance que le vol se passe très bien. L’atterrissage a été un peu long à cause d’une vitesse élevée, mais avec les avions de type « canard », les repères sont très différents des machines classiques. Au final, ce fut un immense soulagement et un grand moment de bonheur partagé avec les amis.

Quel est ton plus beau souvenir de vol jusqu’à présent ?

C’est difficile de choisir. Mon premier choc visuel a eu lieu lors d’un de mes tout premiers vols avec Philippe (l’instructeur qui m’a vendu le Cozy). C’était un vol VFR on top en février. On passe dans un trou et nous quittons la couche grise et sombre, et d’un coup, on débouche sur une mer de nuages étincelante sous un ciel bleu pur.

« Passer d’un gris sombre à une surface de nuages cotonneuse et lumineuse, surplombée par un ciel bleu magnifique : la découverte d’un autre monde. »

Un autre souvenir marquant est un aller-retour à Calvi, en Corse, juste pour faire un resto, se baigner et rentrer à la maison le soir. C’était une idée folle, presque inaccessible. C’est d’ailleurs ce jour-là que j’ai compris l’intérêt d’un avion en Fox Papa (immatriculation de construction amateur) : rendre ces voyages abordables pour que le budget de vol ne soit plus un frein à l’évasion.

Le vol avec Gilles et Jean-Laurent a Aost en Italie a été aussi une super expérience de vol, première sortie de France, je n’étais pas le pilote mais l’expérience de la sortie entre amis valais le déplacement !

Quel message clé donnerais-tu à un débutant qui veut se lancer dans la construction ?

Ne restez pas derrière votre écran ! Rapprochez-vous d’un club, participez à la vie associative pour mûrir votre idée et vos envies. Vous allez recevoir mille et un avis, mais ce sera une source incroyable d’idées ou de convictions. Les conseils des aînés sont toujours bons à prendre. Allez partager ce grain de folie avec d’autres passionnés.

L’avenir : Les prochains projets (grands voyages, modifications ou nouvelle construction)

Si le Certificat de Navigabilité (CDN) délivré par l’OSAC est finalisé à temps, notre première grande sortie sera pour le rassemblement de Brienne-le-Château. Ensuite, le programme sera fait de balades en France pour peaufiner ma maîtrise de la machine. J’aimerais beaucoup organiser un Tour de France sur quelques jours, et la prochaine étape incontournable : passer le FCL 055 (la certification d’anglais aéronautique) pour étendre notre zone de jeu à l’Europe ! Les idées et les envies ne manquent pas, il n’y a plus qu’à trouver le moyen de les réaliser.

Et pour les autres un lien avec un peu d’idées !
https://www.rsafrance.com/index.php/documents-tous/file/635-catalogue-des-aeronefs-a-construire