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Interview Pilote Constructeur – Aurélien Durigneux

©DURIGNEUX Aurélien – 2026

Qui es tu Aurélien? : Professionnel et passionné, je vole en planeur, en ULM, en avion, mais j’ai aussi touché au parapente et à la chute libre. De la voltige en compétition jusqu’a l’humanitaire, l’aviation m’a fait vivre de grandes expériences, et fait rencontrer tant de personnes. Voler quelque soit l’engin, dans une grande diversité de lieux et de situations, c’est ça qui me motive! Partager et transmettre cette passion, cela a toujours occupé une place centrale dans ma pratique.

Construire ton aéronef, mais pourquoi donc? Bonne question… J’ai toujours aimé la technique, j’ai géré des ateliers aero, réparé des planeurs, modifié des ULM, et il a fallu un jour sauter le pas, pour dire: je l’ai fait! Certainement une forme d’accomplissement personnel.

Pourquoi ce modèle d’avion? Ayant volé sur plus de 130 aéronefs différents dans ma carrière, je voulais une machine atypique et performante. Mon cahier des charges au commencement était une petite machine économique et rapide, en composite, matériau que je maîtrisais le mieux. La formule « canard » a longtemps été dans un coin de ma tête, puis l’occasion s’est présenté un beau jour, et tout à commencé. Ce sera un Rutan VariEze!

Ta plus belle réussite technique ou pièce préférée de ton chantier? Lorsqu’on fabrique sur plans, il n’y guère de place pour la création. Les pièces sont telles qu’elles le doivent, et en composite sur pain de mousse, il n’y a pas tant de pièces d’art (comme on peut en avoir en usinage, à mon sens). Là où je pense m’être exprimé le plus, c’est dans la conception et la réalisation du tableau de bord et de l’avionique de mon VariEze.

Ton pire moment de solitude sur le chantier, comment l’as tu surmonté? Il y a beaucoup de moments de solitude sur un chantier de plus de 10 ans! Un – long – moment de solitude pour moi, aura été de réaliser les capots moteur. Ceux que j’avais récupérés ne convenaient pas, ayant opté pour une motorisation différente. Il a fallu les recréer de zéro, et ça a été très long et bien plus complexe qu’imaginé!

Comment as tu géré l’équilibre de temps atelier, famille, travail? Pas facile! J’ai eu l’énorme chance de débuter le chanter sur mon lieu de travail: un atelier aéronautique! Cela a grandement aidé au lancement, et m’a permis de facilement gérer l’équilibre travail/chantier. En revanche, le plus délicat reste celui chantier/famille. Le chantier évolue au fil des années, la famille aussi, se recompose, s’agrandie, s’expatrie, et l’équilibre doit être préservé. J’ai tenté de prioriser autant que possible le coté famille, ce qui a conduit a un chantier plus long.

Quelles ont été tes sensations lors des premiers instants de vol? C’est un moment que j’attend et que j’appréhende beaucoup. C’est pour bientôt (je dis ça tous les ans depuis 10 ans…), et bien qu’ayant volé sur tout un tas d’aéronefs divers et variés, et mené des campagnes d’essais en vols, c’est un grand moment qui s’annonce malgré tout.

Quelle a été le plus beau vol, la plus belle destination avec ton avion? Peut-être ce sera le premier vol? A suivre… on en est pas encore là.

Un conseil, un message pour un débutant qui voudrait se lancer? C’est une expérience passionnante, vraiment. Et elle l’est d’autant plus lorsque on peut la partager, soit avec sa famille qui est partie prenante dans la construction, et/ou avec d’autres constructeurs dans un club. C’est souvent un projet un vertigineux, de part son ampleur et sa durée, spécialement de nos jours ou l’on est habitué à une certaine immédiateté des choses. Là, c’est du temps long, très long. Lorsqu’on a la possibilité de voler en parallèle (fortement recommandé), on peut presque dire que le chemin importe autant que la destination. Le process de construction, quelle que soit la machine et les matériaux en jeux, est passionnant. J’ai croisé autant d’orfèvres et techniciens que de novices peu rompus aux travaux manuels, se lancer avec succès dans cette aventure. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron » dit le proverbe.

Quels sont tes prochains projets? J’essaie de ne pas avoir trop de « prochains projets » pour pouvoir finir celui-ci. Il y a les petites améliorations de la machine qui seront à venir lors des essais en vols. Beaucoup d’autres machines me feraient plaisir de construire ou de restaurer, ce qui serait d’ailleurs plus raisonnable en termes de temps. L’avenir le dira!

Coupe Icare 2012 ©DURIGNEUX Aurélien